Ferry Porsche : une « succes story » débutée durant l’entre-deux guerre

P02 0978 WEB Ferry Porsche : une « succes story » débutée durant l’entre deux guerre

Le "très" jeune Ferry Porsche participe à sa première compétition : un gymcana en 1921 avec sa "Toy Car" reçue à Noël 1920.

Première partie : Les années insouciantes

Fils du constructeur automobile Ferdinand Porsche et de son épouse Aloisia, Ferry Porsche est né le 19 septembre 1909 à Wiener-Neustadt, en Autriche. Le jour de sa naissance déjà, il est clair que sa vie sera placée sous le signe de l’automobile. En effet, au moment où il vient au monde, son père – au volant d’un des bolides Austro-Daimler qu’il a lui-même construit – remporte une victoire de classe à la Course de côte du Semmering. Baptisé Ferdinand Anton Ernst, l’héritier Porsche reçoit de sa bonne le surnom de « Ferry » qu’il portera toute sa vie.


Ferry Porsche grandit en compagnie de sa sœur Louise, son aînée de cinq ans, au sein d’une famille attentionnée, dans laquelle tout tourne autour de l’automobile. En tant que Constructeur en chef de l’usine autrichienne Austro-Daimler, son père, Ferdinand Porsche, travaille sans relâche à de nouvelles idées et prototypes. « Intimement persuadé que j’étais venu au monde dans une voiture, je pouvais écouter pendant des heures mon père parler d’automobiles et de courses, relatant des histoires formidables sur cet univers », se rappelle Ferry Porsche plus tard. Le monde des machines l’enthousiasmait et c’est ainsi que le site tout proche de l’usine Austro-Daimler devient le terrain de jeu favori du jeune garçon.


Alors que Ferry Porsche effectue ses premiers essais au château familial, il rêve déjà de posséder son propre véhicule. Il n’a que dix ans et ce qui n’est qu’un rêve pour la plupart des garçonnets de son âge devient réalité à Noël 1919 pour le fils du constructeur automobile de renom. Son père avait fait monter dans le département d’apprentissage de l’entreprise une petite biplace propulsée par un moteur deux cylindres refroidi à air et développant 6 ch, qui filait à 60 km/h. Au volant de son « bouc », comme l’a surnommé la famille, Ferry sillonne les routes de son propre chef. Certes, la caisse à savon n’est pas immatriculée et son conducteur ne possède assurément pas de permis de conduire, pourtant, « vu la position de mon père, les policiers de Wiener-Neustadt avait l’habitude de fermer non pas un œil mais deux », comme le rappelle alors Ferry Porsche, des années plus tard.


L’un des temps forts de sa jeunesse: les trajets à bord de la voiture de course « Sascha » signée Austro-Daimler, qu’il a pu piloter sur la piste de l’usine de Wiener-Neustadt en 1922. Le garçon de douze ans est tellement enthousiasmé par les 45 Ch du bolide vainqueur de la Targa-Florio, qui atteignait 144 km/h, qu’il décide fermement de construire sa propre voiture d’ici peu. Ce ne sera pas le cas, vu que son père quitte Austro-Daimler en mars 1923 pour entré dans la société Daimler-Motoren-Gesellschaft, à Stuttgart-Untertürkheim, au poste de Directeur technique et membre du Directoire.


Jeunesse à Stuttgart

Pour Ferdinand Porsche junior, c’est un nouveau chapitre qui débute à Stuttgart au collège Gottlieb-Daimler de Cannstatt. Il se fera de nouveaux amis – dont certains vont le rester toute la vie. Parmi ses meilleurs compagnons de l’époque, Albert Prinzing, futur Professeur et Directeur de Porsche et qui décrira leur première rencontre, à l’occasion des 75 ans de Ferry Porsche: « est arrivé dans la classe un jeune autrichien aux cheveux longs avec une coupe Hindenburg et portant une sorte de pantalon que nous ne connaissions pas et qu’il appelait knickerbockers. A l’époque déjà, il était un trendsetter comme on dit de nos jours, vu que peu après, nous nous sommes tous laissés pousser les cheveux, et les knickerbockers sont devenus à la mode dans la classe ». Toute sa vie, Ferry Porsche a été autant connu pour son goût sûr et distingué que pour la constance de ses relations personnelles. Avec Manfred Behr, un rejeton de la dynastie éponyme, fabriquant de radiateurs, il noue également une solide amitié, née pendant leur stage commun et, qui durera toute leurs vies. Le nouveau domicile dans lequel la famille emménage en décembre 1923 est pour Ferry Porsche tout aussi marquant que sa nouvelle école. La villa Porsche, conçue par le célèbre architecte Paul Bonatz au Nord de Stuttgart, devient le siège de la famille et – outre la propriété (Schüttgut) autrichienne de Zell am See – le centre de la vie de Ferry Porsche, où un pan de l’histoire automobile va s’écrire.


Comme précédemment à Wiener-Neustadt, Ferdinand Porsche laisse son fils prendre part à ses travaux à Stuttgart. Grâce à une autorisation spéciale, Ferry Porsche reçoit un permis de conduire à 16 ans déjà et peut piloter tous les prototypes ramenés à la maison de l’usine Daimler, à Untertürkheim. Il accompagne également son père lors de longues virées d’essais en Forêt Noire, impressionnant les passants lorsqu’il est au volant des puissants modèles à compresseur signés Mercedes. A l’âge de 18 ans, Ferry Porsche passe le permis de conduire classique et reçoit une moto, sa propre BMW 500. Tombé amoureux de Dorothea Reitz en septembre 1927, il abandonnera rapidement la moto. Il l’épousera en 1935 et leur union donnera naissance à quatre garçons: Ferdinand Alexander (* 1935), Gerhard (* 1938), Hans-Peter (* 1940) et Wolfgang (* 1943). Seule la mort les sépareront en 1985. Les quatre fils poursuivront l’œuvre de leur père en tant qu’actionnaires de l’actuelle Dr. Ing. h.c. F. Porsche AG.


Son brevet de fin de premier cycle en poche, Ferry Porsche est déjà fermement décidé à suivre les traces de son père et à devenir constructeur automobile. « Plus je mûrissais et comprenais la vie, plus j’admirais l’exemple éclatant donné par mon père ». Après un stage d’une année chez Robert Bosch AG, il suit son père en Autriche lorsque ce dernier quitte la société Daimler-Benz AG pour occuper, début 1929, le poste de Constructeur en chef de la Steyr-Werke AG. Afin de préparer des études techniques, Ferry Porsche va à Vienne dans une école privée, mais c’est dans les ateliers aux côtés de son père qu’il passe le plus clair de son temps. Ferdinand Porsche ne reste qu’un an à l’usine Steyr et devient constructeur indépendant, se mettant à son compte en 1930. Pour le jeune Ferry, c’est l’occasion rêvée de suivre une formation pratique aux côtés de son père.


Communiqué de presse / jmr