FUSION VW-PORSCHE : VICTOIRE DE L’EGO


P08 0056 WEB 320x213 FUSION VW PORSCHE : VICTOIRE DE L’EGOFin juillet, l’éviction du PDG, Wendelin Wiedeking et de son adjoint Holger Haerter a mis un terme à la guerre qui opposait depuis des mois les deux clans de la famille Porsche et ouvert la voie à la fusion VW-Porsche, le constructeur de voitures sportives devenant la dixième marque du groupe. Cette décision a consacré la victoire de Ferdinand Piëch, petit-fils du créateur de la marque, président du conseil de surveillance de Volkswagen AG, sur le clan rival mené par Wiedeking et son cousin Wolfgang Porsche. Tout n’est cependant pas réglé. La structure du futur groupe reste floue, tout comme l’étendue de la participation de la famille Porsche (qui devrait rester prédominante), l’entrée de nouveaux actionnaires, l’émirat de Qatar en particulier et le règlement de l’énorme dette de plus de 9 milliards d’euros contractée par Porsche SE dans sa prise de contrôle avortée de VW.


Arroseur arrosé

Profitant des problèmes de restructuration et de rentabilité de VW, Porsche a commencé en 2005 à utiliser ses somptueux bénéfices pour monter en puissance dans le capital de sa cousine de Wolfsburg. L’appétit venant en mangeant, Wendelin Wiedeking conçut, avec la bénédiction de Wolfgang Porsche, le plan de prendre le contrôle pur et simple de VAG. L’an dernier, la marque de Stuttgart avait réussi à s’approprier 50,76% de Volkswagen sur les 75% nécessaires en vertu de la « loi VW ». Malheureusement, la crise allait tarir les crédits et Porsche se retrouvait avec une dette de € 9 milliards sur les bras. Piëch reprenait la main et pouvait ainsi caresser le rêve de sa vie : réunir l’héritage automobile de son grand père Ferdinand, inventeur de la coccinelle et de la Porsche.


Le poids de la dette

Reste le règlement de la dette, de € 9 milliards, accumulée auprès des banques par Porsche SE dans sa tentative de prise de contrôle de VW. Le conseil de surveillance a approuvé une augmentation de capital de € 5 milliards et autorisé les négociations avec Qatar Investment Authority pour une prise de participation minoritaire. Les clans Piëch et Porsche discutent également du sort de leur holding de Salzburg pour apurer la dette. Une fois le montage financier bouclé, VW commencera à acheter l’activité automobile de Porsche pour arriver à la fusion en 2011,  opération pourrait coûter jusqu’à € 8 milliards à VW.


La fin d’un règne

Wiedeking a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre ? Le PDG remercié avait réussi un impressionnant redressement de Porsche dont il avait pris la direction en 1992 alors qu’elle traversait une mauvaise passe. En dix-sept ans, il avait réussi à en faire le constructeur le plus profitable du monde, engrangeant jusqu’à € 5,5 milliards de bénéfices nets pour le premier semestre 2008. Sous sa direction, la gamme a été complètement renouvelée et développée avec successivement le Boxster, la nouvelle 911, le Cayenne, le Cayman et enfin la Panamera.  Malheureusement, les bénéfices de ces succès ont été engloutis dans la partie de bras de fer engagé pour la prise de contrôle de VW.


Alain R. Walon