Porsche Cayenne Diesel : La boucle est bouclée ou, « ne jamais dire, fontaine…»
Peu de personnes s’en souviennent : en 1953 encore, Porsche produisait également des tracteurs, mus par un moteur diesel, évidemment. Ce qui n’a pas empêche le grand patron de Porsche, Wendelin Wiedeking, d’affirmer en 2007 « qu’il n’y aurait jamais de diesel dans une voiture particulière Porsche ». Wiedeking n’est plus chez Porsche – mais le diesel, lui, a été installé dans le Cayenne, avant de propulser (probablement) la Panamera.
C’est en analysant les chiffres de vente européens dans le domaine des gros SUV que les responsables Porsche ont pris conscience qu’un développement dans ce segment, sans motorisation diesel, n’était effectivement pas possible : en 2008, 77% des SUV vendus sur notre continent étaient équipés d’un moteur Diesel !
En suivant leur credo qui veut que « tout ce que l’on ne peut faire mieux que la concurrence peut être acheté ailleurs », les ingénieurs Porsche ne se sont pas cassé la tête : Audi, leurs cousins, disposaient d’un V6 Diesel 2967 cm3 de dernière génération, à injecteurs piézo-électriques, turbocompresseur à géométrie variable et suffisamment de chevaux pour séduire la clientèle maison. Ce moteur a donc été installé illico dans un SUV au caractère bien trempé, non sans avoir fait l’objet de certaines retouches, surtout sur le plan de la sonorité et par le simple fait d’avoir à s’accommoder de la boîte Tiptronic S.
240 ch sont une chose… les 550 Nm entre 2000 et 2250 tr/min en sont une autre
Bien que les 240 chevaux paraissent de prime abord bien pâles à côté des autres motorisations Cayenne à essence de 290, 385 et 500 ch, ils sont bien présents et suffisent à une conduite sinon sportive, mais soutenue au plan de la vitesse. 240 ch sont une chose… les 550 Nm entre 2000 et 2250 tr/min en sont une autre, autorisant des vitesses de croisière et des reprises largement supérieures à ce que le Code de la route n’autorise. Du reste, la valeur de 8,3 secondes pour parcourir le 0 à 100 km/h est tout à fait honorable, compte tenu du poids à vide de 2160 kg.
Durant l’essai de présentation, effectué à vitesse soutenue, notre ordinateur a enregistré une consommation mixte de 11,1 l/100 km, alors que le constructeur annonce lui 9,3 l/100 km.
En terrain lourd : pas ridicule du tout…
Les SUV pâtissent souvent d’une renommée ringarde en matière de qualité de franchissement et en terrain lourd : un récent test en terrain bien accidenté nous a prouvé que ce Cayenne était un véritable 4×4, capable non seulement de tirer des charges importantes (jusqu’à 3’000 kg) mais qu’il pouvait également évoluer en terrain lourd – un terrain où les utilisateurs de Cayenne n’ont pas l’habitude de s’aventurer.
Il fait tout cela de manière souveraine : le Cayenne diesel V6 s’avère être un SUV d’exception, confortable, avec une direction précise et directe, un freinage sans défaut et un degré d’insonorisation tout à fait remarquable. Ces qualités sont agrémentées par la sonorité du V6, retravaillé comme nous l’avons déjà fait remarquer et qui, lorsqu’on monte en régime, émet sons et pulsions, qui renvoient au fameux flat six de la marque.
L’espace offert aux passagers est ample, tant à l’avant qu’à l’arrière, le coffre est abyssal… alors qu’en matière de prix, les responsables ont visiblement mis la pédale douce. En effet, à 86’800 francs, y compris commande de chauffage d’appoint, climatisation automatique, stabilisateur dynamique PSM et sellerie cuir, ce SUV se positionne efficacement face aux produits allemands, anglais, voir même japonais de même catégorie – avec, en prime, le plaisir de conduire une Porsche.
Axel Béguin
