Je veux vivre ma vie, ou la vie cachée des clones.

BMW Isetta WEB 001 Je veux vivre ma vie, ou la vie cachée des clones.

ISO / BMW Isetta

Dans les années cinquante, au début du Championnat du monde des courses automobiles, les choses étaient bien claires. Les codes de couleurs étaient unanimement reconnus. Ainsi, le vert allait aux teams anglais. Le rouge aux italiens. Le gris argent aux allemands. Le blanc allait aux américains tandis que le jaune était généreusement réservé aux belges. Même la petite Suisse avait les siennes : le rouge et le blanc, si, si. Un monde merveilleux sans mauvaises surprises. Chacun vivant sa vie dans le respect mutuel. Sous ces robes colorées se mouvaient des mécaniques audacieuses, agressives et… originales.


Lorsqu’une monoplace rouge sang franchissait la ligne d’arrivée, aucun doute ne pouvait s’installer. Conduite ou pas par un italien, la féline était indubitablement de type 100 % italien. Motoriste, carrossier, sellier et équipementier « bien de chez nous » ! Parfois le félin était conduit par un argentin répondant au doux nom de Juan Manuel Fangio. Avec 5 titres mondiaux, le pilote de légende perdit rapidement ses prénoms pour ne garder, dans l’inconscient collectif, que le nom de FANGIO. Plus tard, dans les années 70, j’entendais ma mère dire à mon père : « Tu conduis comme un Fangio »

Ce Fangio a depuis contribué au « Tribute to Humiliation International Award ». Bien avant Michael Schumacher avec ses 7 dominations pour le peu humiliantes. Et un Miguel/ Michel de plus dans le sac !


Mais revenons à nos moutons, à nos clones, à nos brebis.

La petite Messerschmitt campée sur ses trois roues, en production dès 1956, n’a jamais eu le droit de vivre sa vie. Dès ses débuts elle dû partager son regard aussi bien que sa vision du monde avec une bavaroise espiègle répondant au doux prénom d’Isetta, BMW Isetta. Dont l’origine, rappelons-le, était italienne.

La manufacture bavaroise Bayerische Motoren Werke nous avait déjà fait le coup dans les années 30 avec la DIXI, clonée en Angleterre à partir d’une Austin Seven dans une version 99% conforme.

Franchissons les Alpes. Retour en Italie en passant par la France. A chacune de ses sorties dans les années 30, la Simca 5 était confrontée à son clone, la Fiat Topolino aussi appelée 500. Pauvre petite Simca. En plus de perdre deux zéros dans l’affaire elle n’avait pas le droit au si tendre petit nom.


Dans une définition scientifique, on admet qu’un vrai clone se doit de partager 99% de son patrimoine génétique. Autour des 75% on a affaire à un mauvais clone ? Qui peut juger ?

J’aimerai connaître votre avis au sujet des Ford Maverick et Mazda Tribute, Subaru Justy et Suzuki Swift. Tout le monde s’en fiche puisqu’on a à faire à des voitures « légumes ».

Certains clones ne partagent cependant que 55 % de leurs patrimoine. A l’exemple de Renault Koleos, sans complexe face à la très aimée Nissan Quashqai ? Bienvenue dans le monde merveilleux des voitures « Kleenex ». Kleenex blanc si possible.

Dans la catégorie « blanc bonnet et bonnet blanc » chacun se souvient du carré automobile à la carrosserie bien carrée composée des Fiat Ulysse, Citroën Evasion, Peugeot 806 et Lancia Zeta.

Encore plus fade ? Incapable de produire un petit 4×4 bon marché, Fiat construit ses sedici sur les mêmes chaînes que Suzuki ses SX4.  Un logo, une rampe de phares, deux boucliers pare-chocs et Prévert meurt d’ennui à la simple énumération des différences.

Sous le capot de la Ford un génial 5 cylindres

Pour vous sortir de votre déprime, je vais maintenant colorier la Volvo S40 en quelque chose de bien sexy : Trois coups de panneaux de carrosserie, un pot de peinture genre orange sang et ainsi apparaît comme par enchantement la délurée Ford Focus RS. Comble de malchance pour les puristes : sous le capot de la Volvo, un Renault anémique. Sous le capot de la Ford un génial 5 cylindres provenant de la banque d’organes Volvo. Je me rapproche de ma propre auto-destruction. Je suis orphelin. Je ne me remettrai jamais d’être né sous X.

En tête du hit-parade des suicides de voitures, figure la petite Ford Ka. En 2008 elle s’est finalement débarrassée de sa vilaine robe allemande qui ne ressemblait à rien. Elle le fit au profit d’une jolie tenue sexy que l’on pourrait croire venir d’Italie. Manque de bol. La petite Ka est un clone de la Fiat 500. L’italienne fait « péter » les chiffres de vente tandis que l’allemande, un peu américaine, finit d’enterrer le destin d’une marque centenaire.

Reste à se déterminer sur la couleur des clones susmentionnés. Selon www.comparis.ch dans une étude datée de 2007 les voitures noires ont 98% de chance de se revendre au prix du marché. Henry Ford 1863-1947, fondateur de la marque éponyme disait déjà lors de laprésentation de la Ford T : « peu importe la couleur pourvu que ce soit le noir ». Alors ta Ford KA, tu la prends dans quelle couleur ?

La perspective de découvrir ce qu’il y a en dessous provoque en moi une érection

Finissons-en par une vision plus agréable. Audi R8 face à Lamborghini Gallardo. Si l’on prend en considération le poids, alors ce ne sont pas moins de 895 kilos de pièces communes que l’on retrouve sous les robes fort bien lubrifiées des deux purs sangs. La perspective de découvrir ce qu’il y a en dessous provoque en moi une érection. Ramené en « pour cent » ce ne sont pas moins de 69% de dessous que l’on retrouve dans les deux bombes sexuelles. Clones ou pas clones ?

Je passe commande. Je prends la R8 en blanc « Ibis » et la Gallardo en blanc « Monoscérus ». Je vais enfin pouvoir me taper des vierges blanches comme neige. Ma très jeune et fort jolie épouse pleure de désespoir. Une Audi doit être « gris argent » parce qu’allemande et une Lamborghini rouge parce qu’italienne. Dans ma ligne de, il y a un divorce. Je vais enfin pouvoir vivre ma vie. Pas comme les clones.


Bmw Dixi WEB 320x240 Je veux vivre ma vie, ou la vie cachée des clones.

BMW Dixi / AUSTIN Seven

Céjay