RINSPEED UC ?: serait-ce la solution de l’avenir ?
Le designer et créateur zurichois Frank M. Rinderknecht s’était spécialisé ces dernières années dans la création de systèmes mobiles d’avant-garde, néanmoins sans aucune ambition d’industrialisation. Il y avait là des véhicules amphibies, des véhicules à l’aérodynamique très poussée – plutôt des solutions destinées « à faire réfléchir » et à faire parler de lui et de sa société, Rinspeed.
Avec l’UC ? – pour Urban Commuter, ou véhicule à vocation urbaine, Rinderknecht innove en ce sens, qu’il s’agit d’une voiture biplace conçue pour être produite rapidement et en grande série. L’idée de base : le véhicule est destiné à être utilisé dans n’importe quelle ville puisqu’il s’agira de le transporter de A à B à bord de wagons de chemin de fer spécialement aménagés. Pour prendre un exemple concret et en nous basant sur la documentation fournie : je vis à Lausanne, je possède un UC ? et je désire me rendre à St. Gall, sans renoncer à l’utilisation de mon véhicule. C’est simple : je réserve via Internet une place sur l’Intercity et, une fois à bord, les batteries du véhicule sont chargées à bloc. En descendant à St. Gall, je dispose de mon propre petit véhicule ayant une autonomie de près de 120 km, capable d’atteindre les 110 km/h.
L’idée est à première vue séduisante : désengorger les villes par l’utilisation massive d’un tout petit véhicule (longueur hors tout de 250 cm), sans toutefois le limiter dans son rayon d’exploitation lointain, ce dernier étant comblé par le rail.
Rinderknecht définit son concept comme suit : « UC ?- un monde automobile novateur, hautement émotionnel reposant sur le Web, qui intègre de manière intelligente la circulation des personnes individuelle et publique. Nous désirons créer une communauté avec des êtres humains ouverts à une mobilité nouvellement définie. »
Cette petite « boule roulante » développe 124 Nm et elle se contrôle au moyen d’un manche à balai positionné centralement. Selon Rinspeed, des discussions ont déjà lieu à un niveau très élevé en vue d’une éventuelle production en série de ce véhicule.
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Bien. Avant de juger du produit, il faut d’abord être en mesure de le conduire, ce qu’aucun journaliste n’a été en mesure de faire à ce jour. Ensuite, souvenons-nous des problèmes techniques que pose la réalisation un véhicule d’une telle compacité : comment le renforcer dans ses structures pour qu’il soit à même de satisfaire aux récentes et sévères normes anti-crash européennes ? Comment lui conférer des qualités de confort décentes ? Au vu des difficultés commerciales (et techniques) rencontrées par des véhicules similaires – la Smart, par exemple – on peut se demander qui sera intéressé par une voiture dont la capacité d’accueil se limite à deux personnes uniquement, avec un emport de bagages minime. Par contre, l’idée de « prendre avec soi » et dans le train, son propre véhicule, comme on le ferait d’un bagage, paraît de prime abord séduisante. Sans parler du coût des infrastructures nécessaires. Auquel il faudra ajouter les tarifs, forcements exorbitants, facturés par nos cher (très cher ?) CFF pour le transport. A suivre donc…
ABé
