FIAT DONNE L’INDEPENDANCE A L’AUTOMOBILE

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C’est un vieux rêve que la famille Agnelli caressait depuis longtemps : séparer la partie automobile du groupe Fiat, de ses autres activités industrielles. Ce sera fait à la fin de l’année.


D’un côté, Fiat Group Automobiles rassemblera Fiat, Alfa Romeo Lancia, Ferrari, Maserati et Chrysler (dont le groupe italien détient depuis l’an dernier 20% et entend porter sa part à 35% dans deux ans). Cette structure devrait permettre une nouvelle intégration de la branche américaine. De l’autre, Fiat Industrial regroupera Iveco (poids lourds et cars), CNH (matériel agricole et de travaux publics), FTP (powertrain technologies), COMAU (robots) et Teksid (fonderies). « Avec cette nouvelle structure, les groupes auront la liberté de poursuivre les meilleurs choix stratégiques, y compris les alliances potentielles, » a expliqué Sergio Marchionne, administrateur général délégué. Elle donnera également une plus grande flexibilité à la famille Agnelli qui n’a peut-être plus les moyens, ni l’envie de gérer un mammouth de la taille du groupe Fiat actuel.


Ambitions 2014

Sergio Marchionne a également dévoilé le plan de développement de Fiat Group Automobiles à l’horizon 2014, encore plus ambitieux que celui défini l’an dernier lors de la prise de participation dans Chrysler. Fiat vise désormais 6 millions de véhicules/an et non plus 5,5, soit 2 millions de plus que sa production actuelle. L’accent doit être mis sur la Chine (300 000 unités), la Russie (280 000) et l’Inde (130 000), pays émergents où le constructeur italien est actuellement très peu présent. L’Europe ne devrait pas être oubliée avec 2,15 millions d’unités, dont 350 000 Alfa Romeo et 295 000 Lancia-Chrysler. Ce plan est sous-tendu par l’introduction de 34 nouveaux modèles (l’Alfa Giulietta et la Lancia Ypsylon retardées de deux ans notamment), dont 13 Chrysler aux Etats-Unis et au Mexique. Alfa Romeo effectuera son retour aux Etats-Unis à partir de 2012.


Scepticisme

Les ambitions planétaires de l’administrateur général délégué rencontrent un certain scepticisme. Si l’on additionne toutes les parts de marché que les constructeurs veulent conquérir ces prochaines années, on arrive à 150% de la capacité d’achat. Il y aura fatalement des perdants. Lesquels ? On notera également que la branche Chrysler est encore loin d’être sortie d’affaire. C’est le seul constructeur américain à ne pas avoir profité de la reprise outre-Atlantique. En Italie, malgré la fermeture de l’usine de Termini Imerese, Sergio Marchionne promet une hausse de l’emploi et le doublement de la production à 1,6 million d’unités. A voir.


Alain R. Walon