RENAULT ET DAIMLER-BENZ : économies avant tout
Deux milliards d’euros d’économies pour l’alliance Renault-Nissan, autant pour Daimler-Benz, soit quatre milliards au total, ce chiffre explique à lui seul le rapprochement entre les deux groupes conclu la semaine dernière. Carlos Ghosn avait déclaré : « l’automobile coûte cher. C’est très capitalistique. Plus on est gros (jusqu’à un certain point comme l’a montré GM) mieux on répartit ses coûts et sa présence géographique. » « C’est le bon pas, au bon moment et pour de bonnes raisons, » a souligné pour sa part Dieter Zetsche, PDG de Daimler-Benz.
Participation symbolique
Les deux groupes vont prendre une participation mutuelle de 3,1% (1,55% pour Renault et Nissan chacun, Daimler-Benz 3,1% dans l’alliance). L’Etat français augmentera de 0,55% sa part de capital de Renault-Nissan pour maintenir à 15,01% son statut d’actionnaire de référence. Aucun projet de fusion n’est envisagé. Les deux groupes escomptent chacun deux milliards d’euros d’économies dont 90% dans les coûts et 10% en revenus. «Ce partenariat va nous permettre d’élargir notre portefeuille de produit, baisser les coûts et augmenter les capacités», a noté Dieter Zetsche. «Il faut tirer avantage d’une telle coopération pour créer une valeur ajoutée pour les clients et un avenir pérenne. C’est la clé dans le marché automobile actuel», a ajouté Carlos Ghosn.
Smart – Twingo
Pour Daimler-Benz, le premier objectif de ce rapprochement est de résoudre le problème de sa Smart qui n’a jamais été bénéficiaire depuis dix ans en dépit de son succès. L’expertise de Renault-Nissan dans les petites voitures sera précieuse. La future Smart empruntera vraisemblablement sa plateforme à la nouvelle Twingo, moins originale, mais nettement plus rentable. Diverses coopérations stratégiques sont prévues à l’avenir comme l’échange de modules et de composants entre Infinity et Mercedes ainsi qu’une coopération régionale aux Etats-Unis et dans les pays émergents, dont la Chine évidemment. Un autre domaine de coopération entre les deux groupes est celui de la voiture électrique dans lequel Renault est très avancé tandis que Daimler avait opté pour la pile à combustible. Plébiscitée par les consommateurs et les constructeurs, la voiture électrique est cependant un pari qui peut conduire à des désillusions. Un partenariat stratégique permet de répartir les risques.
Alain R. Walon
