GM ET LE TROUSSEAU DE CLÉS : l’inénarrable saga des serrures de contact défectueuses

GMclés WEB GM ET LE TROUSSEAU DE CLÉS : l’inénarrable saga des serrures de contact défectueuses

 

Comment un élément – en fait techniquement simple – peut-il mettre dans l’embarras le 3e plus grand producteur de voitures automobiles du monde?

 

Ce qui avait débuté par une sorte de « contrôle de routine » des serrures de contact « potentiellement » défectueuses, portant sur environ 800’000 berlines de General Motors, s’applique dorénavant à 2,5 millions de véhicules… Pourtant, selon les dernières informations disponibles, cela pourrait, au final, affecter non moins de 6,3 millions de véhicules.

 

Une vieille maxime de GM : le profit – avant la sécurité ?

Ce problème de clé de contact est dû à l’émergence de 31 accidents graves, provoquant 13 (treize) morts durant la période allant de 2003 à 2011. Pour résumer le problème : sur six modèles GM fabriqués durant cette période et sous certaines conditions, il pouvait arriver à ce que la clé de contact quitte la position « Marche », ce qui se traduisait par une perte partielle de la puissance électrique et, par conséquent,  provoquait une coupure inopinée du moteur.  Ce risque était d’autant plus élevé pour les cas où la clé de contact était complétée par d’autres clés alourdissant d’autant le trousseau ou que l’état de la route était particulièrement mauvais.

Ce n’est qu’à la suite d’analyses effectuées par  l’Autorité fédérale US responsable de la sécurité, encouragée par le Congrès et le Sénat US, qu’on a pu mesurer l’ampleur du désastre. Au paravent, GM était d’ailleurs connue pour avoir systématiquement refusé de procéder à des campagnes de rappel, surtout celles ayant trait aux X-cars.

Ces berlines compactes des années 80 souffraient de graves problèmes de freins. Dans un procès qui l’opposait à la NTSHA, précisément l’autorité fédérale en charge de la sécurité routière, le constructeur sortit vainqueur – une victoire à la Pyrrhus, puisque les clients se sont aperçus que leur bien-être importait peu au constructeur américain. Il s’ensuivit un recul massif des ventes aux Etats-Unis qui, ajouté au problème bancaire de 2008, se terminait finalement par l’insolvabilité du constructeur en 2009. On se souviendra que, pour  éviter la disparition complète de GM, le Gouvernement US avait  dû injecter 50,2 milliards de dollars…

 

General Motors Mary Barra WEB GM ET LE TROUSSEAU DE CLÉS : l’inénarrable saga des serrures de contact défectueuses

Mary Barra: CEO General Motors

Les choses ont bien changé…

Aujourd’hui, l’affaire atteint une dimension singulière, puisque dans le plus récent rapport  de qualité établi par la réputée maison J.D. Power, GM occupe, en matière de qualité, la première place sur le marché US.

Ce n’est évidemment pas le seul mérite de la nouvelle présidente de GM, Mary Barra – mais elle y a contribué. Cette personne s’est entourée d’un nouveau groupe de dirigeants et promulgue une « nouvelle General Motors », plus soucieuse de la qualité et de la fiabilité de ses produits, sans parler de leur avancée technologique. Fini les temps ou ces problèmes ont été cachés, balayés sous le tapis ou, tout simplement, ignorés. Comme l’attestent les derniers chiffres publiés par des organes américains, les anciennes « plaisanteries » de GM  auront finalement coûté 11,5 milliards de $ au contribuable américain…

A.Béguin