HUMMER : un Saab à la sauce chinoise ?
Mercredi dernier, General Motors a annoncé son intention de « fermer de manière organisée » sa marque de 4×4 Hummer, à la suite de l’échec des négociations avec le repreneur potentiel, le Chinois Tengzhong. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Curieusement, on se retrouve devant un scénario « à la Saab », mais à la sauce chinoise.
Marius de Detroit
Il n’en a pas fallu davantage pour que plusieurs offres nouvelles de reprise se manifestent, donc deux émanant d’autres constructeurs chinois (selon le Wall Street Journal). Les noms des proposants n’ont pas été divulgués, mais GM admet maintenant les prendre en considération et « réfléchir à la fermeture de Hummer. » Sommes-nous en passe de découvrir un nouveau feuilleton de la verve de ceux d’Opel et de Saab qui nous ont tenus en haleine l’année dernière ? Tout se passe comme si les dirigeants de la nouvelle GM étaient passés maîtres dans l’art de faire monter la mayonnaise. « Retenez-moi ou je fais un malheur, » clamait Marius. On a dû lire Pagnol à Detroit. Dans sa réorganisation destinée à prouver sa viabilité, la nouvelle GM n’a pas fait grand-chose. Elle a fermé Pontiac – qui ne représentait plus grand-chose -, conservé Opel grâce aux subventions extorquées au gouvernement allemand, refilé Saab à Spyker au prix d’un montage acrobatique. Un point c’est tout.
Symbole du gaspi
Pour les écologistes, Hummer reste le symbole du gaspillage, du 4×4 imposant, glouton et inutile. Ce d’autant plus que son image est véhiculée par les vedettes du show-biz californien, jusqu’au Gouverneur « Schwarzie » Schwarzengger (qui se disculpe en disant utiliser une version à bio-carburant). On peut se demander quel avenir Hummer connaîtrait sous une direction chinoise. Sera-t-il possible de développer des versions plus raisonnables ? Et qui construira les 4×4 de l’US Army ? Les Chinois ? Délocalisation quand tu nous tiens…
Alain R. Walon
